En 1919 Eugène Lerebourg (1873-1950), associé à Messieurs Saurin (père de William !) et Bisson, rachète les murs de la glutennerie de Liverdun et fonde la confiturerie-conserverie "Lerebourg-Bisson" surnommé le vaisseau par les salariés : ainsi compotes, confitures, gelées, fruits au sirop, pois secs,
flageolets secs trempés, purée de tomates et autres macédoines de l'égumes vont être produits dans cette usine pendant près de 80 ans. Arrivage, pesage, nettoyage, triage, égrappage, dénoyautage, étuvage, sertissage, étiquettage, emballage rythment le quotidien de l'usine au gré des saisons et au fil des arrivages, conserves en saison estivale et confitures l'hiver.

Dans les années 40 , le peintre Louis Guingot (créateur avec Corbin des tenues de camouflage "léopard" de l'armée en 1914) a décoré de fresques une salle de la confiturerie.
 Le personnel de l'usine lui servait de modèle.


L'usine a compté jusqu'à 375 employés,  exporté dans 40 pays,  assuré une production de 25000t/an représentant plus de 40 millions de bocaux soit 15% de la production française en 1970. En 1988 l'usine est rattachée au groupe Materne-Fruibourg. Les restructurations vont progressivement mettre le navire en cale sèche.

Lerebourg était normand mais aussi un grand communicateur, c'est peut-être pourquoi l'usine évoque  la forme d'un grand paquebot. La Moselle lors de ses crues règulières ne s'est d'ailleurs pas privée de le mettre à flots, forçant l'équipage à écoper dans les cales et à sauvegarder les nombreux tonneaux conservant les fruits et les jus. Mais c'est finalement la grande marée capitaliste qui l'a définitivement coulé en 2000, plus personne aujourd'hui ne le renflouera...

Lerebourg-Materne  Déconfiture...